Inspiration

Qu’est-ce que j’ai appris après une année sans télé ?

Ils ont inventé les plats préparés pour ne pas que nous soyons trop longtemps éloignés de notre écran télé.

“Les Français regardent toujours la télé près de quatre heures…”. Lorsque j’ai aperçu le titre en gras j’ai pensé naïvement que c’était quatre heures par semaine… Pauvre de moi, le titre dans son intégralité :

Wow ! Je trouve cela assez édifiant de voir que nous passons plus de temps devant la télévision que sur internet par exemple (15–20h par semaine). Certes la façon de consommer a changé, les streaming, la VOD etc… ont permis de diversifier l’offre, mais de là à y consacrer 4 heures par jour, 30 heures par semaine, 1500 heures par an…62 jours.

Regarder la télévision peut tuer…

On pourrait rendre obligatoire un bandeau défilant en contrebas de nos écrans. La formule peut paraître choquante, elle est pourtant si vraie. Bien sûr, vous ne finirez pas foudroyé devant un programme TV, comprenez que la télévision réduit petit à petit votre créativité, votre concentration, votre notion de la réalité… et pas besoin pour cela de se brancher uniquement devant TPMP, cette émission qui cristallise toutes les critiques et qui pourtant n’est pas la seule à faire des ravages.

Qui sont les plus exposés ?

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) émet cet avis en 2009 :

La télévision est déconseillée jusqu’à l’âge de 3 ans au moins, quel que soit le programme et que les parents soient présents ou non. Aucune étude ne démontre actuellement que les chaînes pour les tout-petits puissent avoir un effet bénéfique sur le développement psychomoteur et affectif de l’enfant. (…)

Le rapport est à lire ici.

Dans le monde merveilleux de la télévision, il y a des chaines spéciales pour les tout-petits. On a tous des souvenirs d’enfance de programme TV, des bons d’ailleurs. Par contre le message est clair, nous ne devons pas en avoir avant trois ans.

Catherine Jousselme, pédopsychiatre, fait partie d’un groupe d’experts qui étudie la question de l’exposition chez l’enfant.

Le danger est que nous sommes dans une société où la précocité de l’enfant est encensée, d’où la tentation de vanter auprès des parents l’idée que si les enfants sont devant le petit écran pour regarder des programmes éducatifs, ils vont être plus performants à l’école.

Or, on sait que ce n’est pas le cas, ces programmes fatiguent les enfants et ne les placent pas en situation de plaisir d’apprentissage. Dans ma pratique clinique, je déconseille donc aux parents l’usage de TV pour les tout-petits. Les pédiatres le déconseillent. À l’ensemble des parents, nous rappelons que l’important avec un enfant c’est le jeu. Pour conclure, il me paraît très dangereux, dans une société où les enfants voient trop d’images, de valoriser un outil pseudo-éducatif qui, en aucun cas, ne favorise les interactions parent/bébé.

Allô, tu regardes encore la télé en 2018 ?

Credit : @ajeetmestry

1- Savoir rechercher l’information par soi-même

Après l’écriture, puis l’imprimerie, internet est la troisième invention qui aura révolutionné notre monde.
L’avantage du web est que l’information est disponible partout, dans toutes les langues, à tout moment de la journée. Elle est gratuite. On peut y croiser les sources.

Non, le 20 heures de TF1 n’est pas, ou plus, une institution.

Être capable d’utiliser les ressources du web c’est être capable de se sortir des griffes de la télévision.

2- Réapprendre à lire

Je sais pas vous, mais face à Walker Texas Ranger, la lecture avait peu de poids. Ils ont décidé de nous supprimer Chuck Norris de nos petits écrans… j’ai donc décidé de réouvrir un livre.

Si on reprend les chiffres vus un peu plus haut, on passerait en moyenne huit heures devant la TV par week end, il ne s’agit pas de les remplacer par huit heures de lecture, mais partons du principe que si l’on est en capacité de lire quatre heures dans le week end, on peut espérer lire un livre par mois, soit douze livres par an. De 0 à 12 livres. Je vous laisse imaginer le nombre de connaissances nouvelles accumulées.

3- Un désastre pour la positivité

Une série américaine sans meurtre ça existe ? Non sérieux ?

Nous passons des heures à observer de la fiction morbide couplée à de la réalité macabre. Les chaînes d’information en continu nous abreuvent de nouvelles toujours plus déprimantes les unes que les autres. On ouvre toujours le journal télévisé par une catastrophe, ne se passe t-il rien de beau dans notre monde pour pouvoir en faire une ouverture ?

Je trouve cela déprimant que le bien soit devenu l’ennemi de l’intéressant. La vacuité de certains programmes est abyssale : sexe, drogue, argent, people… sont des messages devenus synonymes d’audience. L’individualisme transmise par ses programmes a été transféré dans nos aspirations. C’est un succès, le lavage de cerveau a fonctionné.

Juste pour info, Camping Paradis c’est “positif” mais c’est très mauvais aussi, je dis ça au cas où un producteur de TF1 tomberait sur cet article.

La positivité est à la portée de tous il suffit d’alimenter son esprit de pensées positives. C’est aussi simple que cela.

— Frédéric Lilenfeld

Pour conclure :

Si tu passes toute une après midi devant Arte tu as de grande chance d’apprendre quelque chose. Mais sachant que la moyenne d’âge est de 61 ans avec une part de marché à 1,8%, on est donc peu nombreux à poser nos cerveaux devant un concert de Tchaïkovski tout un samedi soir.

Même les meilleures émissions divertissantes ne servent qu’à tuer le temps, elles ne nous apprennent rien ou presque. Prenez pour exemple une mécanique bien huilée comme Top chef ou Masterchef : vous avez beau regarder 3 heures par semaine ce programme pendant 10 semaines, à la fin vous êtes toujours incapable de faire la moindre recette.

Nous consommons la télévision comme un pur divertissement. Il faut cependant être conscient que l’apport est nocif pour notre cerveau. Il peut l’être aussi pour nos aspirations et nos envies. La télé nous a conditionné à suivre la masse. Nous achetons les cinq meilleurs bouquins, allons voir les films les plus vus, nous suivons simplement la norme de la consommation. Ne surtout pas être acteur, être un consommateur. On ne crée pas, on utilise. On ne réfléchit plus, on y croit.

Et si tu as peur de louper ce programme que tout le monde a regardé, sache que nous sommes de moins en moins à donner de l’importance à la télévision, et surtout que parfois ne pas faire comme tout le monde ça fait vraiment du bien.

Après une année je me sens plus libre de ressentir le monde comme il est vraiment, j’ai l’impression de gagner du temps et faire des choses qui comptent pour moi comme pour les autres.

 

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