Inspiration

Le dilemme du hérisson : quand dépasser ses peurs devient une nécessité

L’hiver venu, l’hérisson est face à un terrible dilemme. Deux choix s’offre à lui : rester seul, le conduisant à une mort certaine ou se regrouper et se coller à ses congénères au risque de souffrir des piquants de ceux qui sont à ses cotés. Ainsi, notre société nous offre le même dilemme souffrir seul sans risquer la déception, la trahison, le mensonge ou se chauffer à plusieurs ce qui entraîne l’acceptation de l’autre, l’engagement de s’ouvrir à lui et parfois plus noble, le sacrifice.

Par une froide journée d’hiver, un troupeau de porcs-épics s’était mis en groupe serré pour se garantir mutuellement contre la gelée par leur propre chaleur. Mais tout aussitôt ils ressentirent les atteintes de leurs piquants, ce qui les fit s’éloigner les uns des autres.

Quand le besoin de se chauffer les eut rapprochés de nouveau, le même inconvénient se renouvela, de façon qu’ils étaient ballottés deçà et delà entre les deux souffrances, jusqu’à ce qu’ils eussent fini par trouver une distance moyenne qui leur rendît la situation supportable. 
Schopenhauer A.

Le philosophe allemand est à l’initiative de cette métaphore. Nous sommes la somme de ce que nous vivons. Votre personnalité est intimement liée à ce que vous avez pu traverser dans le passé. Nous avons trop souvent vaciller entre l’hypersensible et l’indifférent, entre l’introverti et l’extraverti et si peu été courageux bien plus craintif. C’est comme si nous regardions le même objet mais lorsque nous changeons d’humeur nous voyons sa forme se modifier. Là où elle nous rassurait et nous attirait, elle a fini par nous repousser, nous effrayer.

La traversée.

Regardez de l’autre coté de la route, ne blâmez pas l’hérisson qui voulant la traverser, a fini écrasé, certainement animé par le désir de fuir la douleur solitaire, préférant avec courage la souffrance à plusieurs.

En région parisienne, un SDF de 56 ans a été retrouvé mort sur le palier d’un immeuble de Champigny-sur-Marne. Il n’est pas mort écrasé pour aller chercher un amour de l’autre côté de la chaussée. « Décès probablement dû à une hypothermie, dit-on. Traduisez : mort de froid. Ou traduisez encore : mort d’une société froide . On n’a relevé aucune trace de piquants ou de piqûres sur son corps.

On finit souvent par trouver un juste milieu, celui de la simple politesse et des belles manières, cette façon n’est qu’une posture, celle la même qui vous fera redevenir le hérisson qui préférant la violence du froid s’est laissé mourir fuyant l’hypocrisie ambiante.

La société actuelle nous conforte dans ce dilemme. Les informations que l’on nous sert chaque jour, alimentent la peur et nous poussent indéniablement vers l’inaction. Le risque n’est plus valorisé, trop préoccupé par l’échec et ses conséquences.

Puis viennent les réseaux sociaux, nous sommes des spectateurs, nos jouons des rôles car la seule manière de ne pas être touché c’est de jouer, car le jeu permet une mise en forme irréelle de la réalité.

J’avais l’impression de moins vivre les événements pour moi, mais plus de les vivre dans l’éventuelle mise en scène que je pourrais en tirer sur Facebook. Et c’était un peu bizarre. De vouloir faire des trucs cool pour pouvoir les poster. L’horreur. Et même pire des fois, on se voit « déprécier » un moment parce qu’il n’a reçu que deux likes (« alors qu’il en valait au moins 50 ! »). Bonjour Liberté, Au revoir Facebook

Résumé : Nous ne savons plus prendre de risques alors nous les simulons. Nous avons fini par abandonner la traversée de cette route, cela revient à choisir le froid plutôt que la chaleur et donc rejeter l’autre autant que soi-même.

L’épreuve produit la persévérance, la persévérance la victoire et cette victoire produit l’espérance. Paul

temps, google, instant, life style, blog, facebook, media, france, lifestyle, vie, changer, inspiration, startup, entrepreneur, thefamily, routine, inspiration, motivation, multipote, multipotentiel

Préférer être piqué.

Chacun d’entre nous est un engrenage du rouage global que l’on appelle l’humanité.

Kio Stark dans Why you should talk to strangers ? nous explique qu’au lieu d’utiliser nos perceptions sensorielles pour faire nos choix, l’homme se repose sur la classification. Ce qu’il ne connait pas se glisse dans la catégorie des inconnus. Nous résumons trop souvent notre perception de l’autre par la définition de c@e qu’on voit de lui (sa couleur de peau, son allure…). Nous devons justement créer des interactions avec des inconnus pour dépasser nos craintes. Il y a des siècles déjà, la Bible décrivait le comportement de l’humain : “ l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Eternel regarde au cœur.” L’homme a t-il vraiment changé ?

Oui les gens peuvent être stupides, râleurs, jamais à l’heure mais vous l’êtes aussi. Ce qui compte ce sont nos routes, celles qu’on s’apprête à traverser, celle du bonheur, de la réussite, de l’amour. On veut marquer notre époque par le sceau de valeurs bien plus grandes que l’individualisme.

Quand on a demandé à Thomas Pesquet l’élément premier de réussite pour un voyage aussi extraordinaire que le sien, il a répondu en illustrant son propos avec un dessert à la cerise. La nourriture étant péniblement la même, il lui arrivait de se priver de ce dessert pour le laisser à un membre de l’équipe qui trouvait plus de plaisir que lui à en manger. Au fil du temps, il s’est aperçu que les autres membres de l’équipage faisaient de même pour lui alors qu’aucun d’eux ne s’étaient concertés.

Se rapprocher peut faire mal, mais s’éloigner peut détruire. Le hérisson, lui, a déjà fait son choix, et vous ?



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *